"La peinture de Félix Royett naît de la rencontre intime de l'artiste avec la lecture de la Bible, les œuvres des grecs et l'immense pinacothèque des artistes italiens ; itinéraire d'un voyage sans limites vers les confins d'une figuration plastique renouvelée, créée comme une grande épopée, où toutes les légendes se donnent rendez-vous, entrent en scène et deviennent les nouvelles réalisations d'un univers réel-magique. Un jeu où se perpétuent les réminiscences enfouies de la femme et de son inconstant savoir amoureux. La femme attrapée par les merveilleux miroirs du rêve. La première de ces images porte l'universalité de leur généalogie à travers le -récit biblique : Eve, le jardin d'Eden, l'arbre, la pomme et le serpent.

Une image de la femme qui va se dédoubler et se multiplier jusqu'à composer une mosaïque de chronologies du silence autour de !a femme et de son plaisir de la nudité. Un plaisir inventé par l'artiste, et qui prend une multitude de facettes où la femme se tord, saute, se couche pour se livrer au repos, ou simplement se contorsionne pour s'exciter devant le miroir. Ces histoires entrent dans un jeu sensuel, mais, lentement et inexorablement, vont se transformer en une vision paradisiaque des jardins des vestales grecques, des madonnes de Venise et de Florence, des concubines amoureuses de Capri. Cette fascination érotique nous porte jusqu'aux murailles protégées d'antan, où les sultans et les califes faisaient jalousement garder les femmes de leur harem. Fameuses maisons silencieuses de Rome et de Paris, bordels tropicaux du lac de Maracaibo et des- Caraïbes.

Ainsi, la peinture de Félix Royett recrée tout l'érotisme et la nudité de la femme, mais avec humour, avec le savoir d'un artiste qui traite un thème comme un poète, l'entourant d'un surréalisme contemporain catalyseur de fraîcheur, et d'arbitraires miroirs magiques que la coquetterie des femmes sait multiplier pour attraper leurs amants dans les filets de l'amour. La palette passionnée de Félix Royett a donné toute son intensité à ces chronologies du silence, et façonné son art".

Isac Ortizar